La destruction de Lhassa (suite)
Chaque mois qui passe, un morceau
de la vieille ville est irrémédiablement perdu
La démolition rampante du centre historique de Lhassa se poursuit. Plus des deux tiers des anciens bâtiments au cœur même de la ville ont été pour l’instant démolis. Même des bâtiments du XIVe siècle ne sont pas encore inscrits pour être sauvegardés.

Les seuls bâtiments non promis à la démolition sont le palais du Potala et quelques temples importants. Les anciens quartiers, qui ne représentent guère plus de 3% de l’ensemble de la ville, ne seront plus là. Les démolitions continuent. Chaque mois qui passe, un autre morceau substantiel de la vieille ville est irrémédiablement perdu.
 
Pour quel progrès?
La qualité des nouvelles constructions laisse apparemment beaucoup à désirer. Selon un rapport détaillé publié par Tibet Information Network, à Londres, les nouveaux logements bâtis dans les plus anciens quartiers de Lhassa ne sont dotés que de toilettes communes minimum, d’adduction d’eau extérieure, sans fourniture d’énergie suffisante, sans rien de prévu pour le chauffage ni pour la plomberie. La relation entre l’espace/approvisionnement en eau par habitant, comparée aux chiffres de 1990 et 1993, a sérieusement décliné.

Citation: «Dans 70% des nouveaux logements bâtis au centre de Lhassa, les défauts sont non seulement sévères, ils s’aggravent. Les besoins les plus essentiels et les plus évidents, comme l’eau, le drainage, l’électricité, la lumière et le chauffage, ne sont pas couverts au niveau individuel, mais culminent en un impact négatif sur la santé, l’éducation et l’économie des Tibétains eux-mêmes.»